Bardouin : 65 plantes, 4 maîtres et 45 % pour un pastis de dégustation
Bardouin renvoie le plus souvent au Pastis Henri Bardouin, un pastis artisanal fabriqué à Forcalquier, en Haute Provence. Si vous cherchez à identifier la marque, à comprendre sa différence avec un pastis plus classique ou à savoir où l’acheter, retenez quelques repères simples : une recette complexe, plus de 65 plantes et épices, un titrage à 45 % et un positionnement de pastis Grand Cru.
Bardouin, c’est d’abord le Pastis Henri Bardouin
Le nom Bardouin désigne aujourd’hui un pastis haut de gamme, élaboré par Distilleries et Domaines de Provence. C’est un apéritif anisé qui revendique une identité plus gastronomique, fondée sur l’assemblage, la précision aromatique et la Provence.

Dans l’univers des anisés, beaucoup de références misent surtout sur l’anis, la réglisse et la fraîcheur. Le Pastis Henri Bardouin, lui, cherche une lecture plus large avec des plantes de Provence, des épices venues de régions lointaines, des notes herbacées, des touches chaudes et une finale plus persistante. Cela explique sa présence chez des cavistes, dans des épiceries fines, mais aussi dans certains bars et restaurants où le pastis est traité comme un produit de dégustation.
Un pastis artisanal d’exception
La mention « Grand Cru » sert ici à exprimer une ambition précise : faire du pastis un assemblage comparable, dans l’esprit, à un travail de composition aromatique. Le produit reste un pastis, avec ses codes traditionnels, mais il se distingue par la densité de sa recette et par l’attention portée à chaque étape de fabrication.
Son profil peut surprendre un consommateur habitué aux pastis très directs. Bardouin garde la signature anisée attendue, mais il l’enrichit d’une complexité plus épicée, plus végétale, parfois presque médicinale au sens noble du terme, celui des plantes aromatiques, des infusions et des macérations.
Une origine provençale qui structure toute l’identité
Le Pastis Henri Bardouin est fabriqué à Forcalquier, au pied de la Montagne de Lure, en Haute Provence. Cette origine n’est pas un simple argument d’étiquette : elle donne une cohérence au produit, car le pastis est lié à l’imaginaire méridional, aux plantes aromatiques et au rituel de l’apéritif allongé d’eau fraîche.
L’histoire des anisés en France suit une chronologie mouvementée. Après l’interdiction de l’absinthe en 1915, les apéritifs anisés sont autorisés en 1920. Le terme « pastis » apparaît en 1932, avant de connaître de nouvelles restrictions, notamment l’interdiction de 1940, puis une autorisation définitive en 1951. Cette histoire explique pourquoi le pastis est à la fois populaire, réglementé et fortement chargé culturellement.
De la distillerie locale à la reconnaissance de la recette
La trajectoire de Bardouin s’inscrit dans celle de la distillerie provençale. Henri Bardouin est lié à la distillerie depuis 1946, tandis que la marque Pastis Henri Bardouin apparaît en 1990. La recette actuelle est aussi rattachée à l’évolution de l’Occitanis, ce qui montre une continuité entre tradition régionale et recherche d’un style plus singulier.
Ce parcours compte pour l’acheteur, car il donne du poids au produit. On n’est pas face à une simple déclinaison marketing d’un anisé classique, mais face à une recette construite autour d’un lieu, d’une histoire et d’un savoir-faire spécifique.
Plus de 65 plantes et épices : ce qui change vraiment en bouche
La grande signature de Bardouin tient à son assemblage de plus de 65 plantes et épices. L’anis et la réglisse restent des piliers, mais ils ne sont pas seuls. La recette mobilise des plantes aromatiques, des épices exotiques, des infusions et des distillats qui donnent au pastis davantage de relief.
On peut y associer un vocabulaire plus précis que le simple « goût d’anis » : badiane, réglisse, cardamome, fèves de tonka, graines de paradis, mais aussi des plantes plus rares comme la vulnéraire, la germandrée ou le mélilot. Cette diversité ne signifie pas que chaque ingrédient doit être identifié séparément à la dégustation. Elle sert plutôt à créer une architecture aromatique, avec une attaque, un milieu de bouche et une finale.
Le rôle des 4 maîtres dans la fabrication
Le savoir-faire est souvent présenté à travers 4 métiers : maître cueilleur, maître macérateur, maître distillateur et maître liquoriste. Chacun intervient sur une partie de la chaîne. La cueillette sélectionne la matière végétale, la macération extrait les composés aromatiques, la distillation concentre certains profils, puis le travail de liquoriste assemble et équilibre l’ensemble.
Cette logique permet de comprendre pourquoi Bardouin ne se réduit pas à une liste d’ingrédients. Deux recettes peuvent contenir de l’anis et de la réglisse, mais donner des résultats très différents selon le temps de macération, la qualité des plantes, les proportions, l’ordre d’assemblage et l’équilibre final entre sucre, alcool et arômes.
En pratique, l’intérêt du procédé est simple : chaque étape agit sur un point différent. La cueillette sélectionne, la macération extrait, la distillation concentre et l’assemblage équilibre. C’est ce réglage qui donne sa cohérence au produit, avec une sensation plus ample qu’un pastis très direct.
Les repères techniques à connaître avant d’acheter
Pour comparer Bardouin à d’autres pastis, les données techniques sont utiles. Elles permettent de dépasser le discours premium et de vérifier ce que l’on achète réellement : degré d’alcool, format, sucre, anéthol, réglisse et usage recommandé.
| Caractéristique | Repère pour le Pastis Henri Bardouin |
|---|---|
| Titrage alcoolique | 45 % |
| Format courant | 70 cl |
| Composition aromatique | Plus de 65 plantes et épices |
| Teneur en sucre mentionnée | 50 g/l |
| Teneur en anéthol mentionnée | 2 g/l |
| Acide glycyrrhizique mentionné | Environ 0,06 g/l |
| Dilution traditionnelle | 1 volume de pastis pour 6 à 10 volumes d’eau |
La réglementation encadre aussi la dénomination. Pour un pastis, les repères mentionnés incluent notamment une teneur en acide glycyrrhizique comprise entre 0,05 et 0,5 g/l, une teneur maximale en sucre de 100 g/l et une teneur en anéthol généralement située entre 1,5 et 2 g/l. Avec 50 g/l de sucre, environ 0,06 g/l d’acide glycyrrhizique et 2 g/l d’anéthol, Bardouin s’inscrit dans ces repères tout en conservant son profil aromatique propre.
Ce qui le différencie d’un pastis plus standard
La différence se lit dans le verre. Un pastis plus standard vise souvent une lecture immédiate : anis dominant, fraîcheur, simplicité, efficacité à l’apéritif. Bardouin ajoute une dimension de dégustation avec un verre qui évolue après dilution et laisse apparaître des notes épicées ou herbacées en arrière-plan.
Cette complexité peut être un atout pour un amateur de spiritueux, un cadeau ou un moment de table plus travaillé. À l’inverse, si vous recherchez uniquement un pastis très simple, très léger et sans aspérité, son intensité aromatique peut paraître plus exigeante.
Où acheter Bardouin et comment bien le déguster
Le Pastis Henri Bardouin se trouve généralement chez les cavistes, dans certaines épiceries fines, sur des sites spécialisés en spiritueux, ainsi que dans des bars et restaurants. L’achat en ligne est souvent le plus simple si vous cherchez une référence précise, notamment le format 70 cl. Avant de commander, vérifiez le sérieux du vendeur, les conditions de livraison, le prix total avec frais d’expédition et les règles liées à la vente d’alcool.
Pour la dégustation, la proportion traditionnelle consiste à verser 1 volume de pastis pour 6 à 10 volumes d’eau. Avec Bardouin, commencer autour de 1 pour 6 permet de garder une belle présence aromatique ; aller vers 1 pour 8 ou 1 pour 10 donnera une version plus légère, plus désaltérante.
- Versez d’abord le pastis dans le verre, puis ajoutez l’eau fraîche progressivement.
- Ajoutez les glaçons après dilution pour éviter de bloquer brutalement les arômes.
- Utilisez une eau fraîche mais pas glaciale si vous voulez mieux sentir les plantes.
- Servez-le à l’apéritif, mais essayez aussi avec des mets simples : olives, amandes, poissons grillés, légumes confits ou fromages de chèvre frais.
Comme tout spiritueux à 45 %, Bardouin se déguste avec modération. Son intérêt n’est pas d’être consommé vite, mais d’être exploré : un nez anisé, une bouche végétale, une finale épicée et une sensation de voyage aromatique entre Provence et épices lointaines.



